Pornic

Déambulation :  Faïencerie de Pornic

« Déambulation » du Pornic Mag 133, p.14-15

SAVOIR-FAIRE Ouverte il y a 75 ans, la Faïencerie s’est fait une place dans le patrimoine pornicais avec son fameux bol à prénom.

C’est important d’avoir du bol

C’est l’histoire d’une famille mosellane, les Dryander, propriétaires d’une manufacture de faïence à Niderviller qui se réfugie à Pornic au début de la guerre. De retour en Moselle après le conflit, les Dryander reconstruisent l’usine mais sont vite confrontés à un grand manque de main-d’œuvre. Les capacités de production de biscuits – c’est ainsi que l’on nomme la forme brute, sans décor et non émaillée – sont très largement supérieures aux possibilités de décoration. Séduite par le potentiel touristique de Pornic et par la perspective de trouver plus facilement du personnel, la famille y ouvre un atelier en 1947, la Manufacture bretonne de faïences artistiques (MBFA).

L’entreprise se fait un prénom

Les biscuits viennent de Moselle par le train pour être décorés à Pornic. Mais les Dryander ont vu un peu grand. Les 80 personnes recrutées sont vite remerciées et l’activité repart avec un effectif plus réduit. Les Dryander ont bien saisi l’intérêt de proposer aux touristes des faïences aux décors régionaux à ramener en souvenir. Raymond Cordier, ancien coiffeur et chef de l’atelier de décoration, crée le petit Breton rapidement décliné sur l’ensemble de la gamme, dont bien sûr le bol à oreilles agrémenté du prénom de son utilisateur. “Le concept avait été lancé par la faïencerie Henriot à Quimper dans les années 30, explique Pierre Woda, l’actuel propriétaire de la Faïencerie. La différence notoire, c’est que notre couple de Bretons est de face alors que chez Henriot, ils sont de profil.” Au cours de ces années 50, la Faïencerie crée également sa propre calligraphie en pleins et déliés, que les décoratrices apprennent toujours à reproduire fidèlement à main levée.

Vers l’indépendance

Si l’activité de la maison mère traverse de grandes turbulences, la manufacture pornicaise ne chôme pas. À la fin des années 60, elle produit et vend près de 100000 pièces chaque mois. En 1981, le fabricant de casseroles Sitram a pris le contrôle de l’entreprise et modernise l’activité. Mais les affaires ne suivent pas et conduisent en 1987 à un dépôt de bilan pour les sites de Niderviller et Pornic. En Loire-Atlantique, le personnel se regroupe en SCOP pour sauver l’activité… L’entité devient totalement indépendante de la faïencerie mosellane en 1994 et s’ancre définitivement dans le Pays de Retz en prenant le nom de Faïencerie de Pornic. Le magasin d’usine est ouvert peu de temps après. C’est en 2003 que Pierre Woda fait l’acquisition de l’entreprise. Depuis, la Faïencerie de Pornic n’a cessé d’innover pour entrer de plain-pied dans la modernité sans renier son savoir-faire. Elle a lancé sa boutique en ligne, s’est ouverte aux visites, a créé aussi un configurateur qui permet de commander son bol personnalisé en ligne.

En toutes lettres

Elle a aussi développé d’autres décors bretons, notamment avec des licences exclusives Bécassine et Mam’Goudig. “Le bol à prénom reste le produit phare, précise Pierre Woda. Nous en avons vendu 22 millions depuis sa création et nous en produisons 450000 pièces chaque année. Nous avons aussi le plat diviseur, une spécificité de la Faïencerie. C’est un plat rond de 34 cm de diamètre qui permet de diviser une tarte ou une quiche en parts égales, quel que soit le nombre, pair ou impair, de convives.” Il a été imaginé par Paul Urfer, artiste céramiste, à partir du plateau qu’utilisaient les décoratrices pour poser de façon régulière les motifs répétitifs. Au total, la Faïencerie dispose de plusieurs centaines de décors et de 130 formes qui, combinés, aboutissent à quelque 10000 références différentes. Elle produit 650000 pièces par an et emploie une trentaine de personnes, dont seize décoratrices, parmi lesquelles huit sont spécialement formées à la peinture du prénom à main levée.

Complètement à l’ouest

“L’entreprise est très marquée régionalement, souligne son dirigeant. Nous n’avons pas de point de vente à l’étranger. Nous disposons d’environ 300 revendeurs dans le Nord- Ouest de la France, majoritairement en Bretagne, mais aussi en Normandie et Loire-Atlantique. Ils travaillent à stock constant: tout ce qu’ils vendent, ils le recommandent. Ils transmettent leur liste de prénoms en fin de semaine et nous les livrons à la fin de la semaine suivante.” À 90 %, avec le petit Breton traditionnel… On ne change décidément pas un bol qui gagne !

Faïencerie de Pornic, rue de la Faïencerie 44210 Pornic – www.faiencerie-pornic.fr

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