Pornic

Les arbres de Pornic : entretien avec le nouveau paysagiste de la Ville

© Alain Barré

[Article PornicMag #129. p.14-15]

Au carrefour de l’Histoire, de la géologie, du climat, de la sociologie, les arbres sont un élément central de l’ambiance et du patrimoine pornicais. Martin Danais, paysagiste concepteur au nouveau service patrimoine de la Ville, nous les a présentés.

Patrimoine végétal

Il y a bien sûr les cyprès de Lambert… Et puis beaucoup de grands pins : pins parasols, pins maritimes, pins noirs d’Autriche, pins de Monterey – qui viennent du même petit espace de Californie que les cyprès de Lambert… Et les chênes verts. Ça, c’est pour le littoral. En s’éloignant de la côte, on retrouve des essences typiques des bocages du Pays de Retz, comme le chêne pédonculé ou le frêne.

Symbole de richesse

© Alain Barré

Pornic est une commune très verte, avec des arbres en pleine maturité qui ont entre 60 et 120 ans. Ils sont au maximum de leur développement.” La grande caractéristique du patrimoine arboré pornicais tient en effet à son caractère privé : “Il est lié à la construction des villas balnéaires à la fin du XIXe et au début du XXe siècle. Il n’y avait pas d’arbres sur le littoral auparavant, il s’agissait souvent de terres incultes, de landes… Les arbres sont arrivés avec le balnéaire, généralement des essences étrangères. Les choix étaient principalement liés à l’esthétique, d’autant qu’à l’époque, le jardin faisait partie de la maison. C’était aussi un symbole de richesse.” C’est ainsi que le premier cyprès de Lambert planté à Pornic a dû marquer les esprits. Les propriétaires des villas voisines ont imité, tandis que l’arbre trouvait ici un climat marin très humide, comparable à celui de sa région d’origine. Les hivers doux, les étés tempérés, conviennent bien à ces arbres venus d’ailleurs. Mais attention ! “Ils sont sensibles au réchauffement climatique. Ils sont anciens donc fragiles, il faut prendre garde au stress et à la sécheresse. C’est pour cela qu’il est important de les surveiller et de les renouveler.

Des journées entières dans les arbres

Martin Danais a pris ses fonctions il y a quelques mois. “Je connaissais un peu la Loire-Atlantique mais pas Pornic. Ma première impression est liée à l’influence de la Bretagne et de la Vendée. Mais je retiens surtout la végétation luxuriante, des arbres majestueux qui mettent l’architecture en valeur. Il y a aussi la présence de l’océan : le vent, les embruns, les odeurs, tout ramène à la mer. ” Conseiller les élus et les habitants sur la protection et l’entretien des arbres, c’est l’un des rôles de ce diplômé de l’École nationale supérieure du paysage de Versailles. L’autre grand volet de sa mission concerne le paysage : diagnostic, propositions d’évolutions, conseil sur l’espace public… À peine arrivé, le paysagiste s’est d’ailleurs attelé à la réalisation d’un inventaire des arbres de Pornic. “Il s’inscrit dans le cadre de la révision du PLU. L’objectif est de mieux les protéger et de mener une politique à long terme. Il faut beaucoup communiquer et cela concerne tout le monde : les entreprises, les particuliers, les associations, les techniciens municipaux… Le patrimoine végétal doit être préservé comme les monuments!

© Alain Barré

Pour ce travail de longue haleine, Martin Danais travaille d’abord dans son bureau, à l’analyse de documents existants, de photos et cartes anciennes. Il arpente aussi le terrain pour vérifier l’intérêt et l’état des sujets identifiés. “Il faut voir leur rapport à l’histoire de Pornic ou à son urbanisation. Il peut s’agir de marqueurs de paysage sur le sentier côtier, d’arbres liés au jardin d’une villa ou à un parc, d’arbres isolés… Il y a différents critères. C’est à la fois exhaustif et subjectif, bien sûr.” La démarche commence en priorité sur le littoral pour s’étendre ensuite au reste du territoire. Un travail de fourmi qui n’avait encore jamais été mené.

Promenade verte

L’arbre qui m’a le plus marqué à Pornic, c’est sans doute le grand cyprès de Lambert au-dessus de la plage des Sablons. Avec son tronc de plus de deux mètres de diamètre, il est vraiment caractéristique. Il y a aussi de beaux chênes pédonculés dans les villages. Je pense notamment à l’un d’eux sur l’espace naturel sensible de la Fontaine-auxBretons. Il est près du sentier, un peu dissimulé, mais on le remarque bien quand on l’a déniché. On trouve beaucoup d’arbres intéressants quand on se promène. On pourra peut-être créer une promenade sur ce thème à terme.” Une idée qui ne demande qu’à germer…

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